Présentation des batailles navales « Amirauté »

Article de Benoît Marconnet

Comment présenter « Amirauté » en quelques lignes ? Voire même en une phrase ? Essayons :

« Jeu de simulation de combat naval, époque 2ème guerre mondiale, du niveau tactique au niveau stratégique »

Vaste programme ! D’autant que la souplesse de ce jeu permet l’utilisation de cartes à toutes échelles, de jouer avec des figurines ou un simple crayon à papier … Utiliser un coin de table, ou occuper un terrain de sport est également réalisable… Ce jeu créé en 1979 par Paul Blois, aux éditions Descartes, permet de simuler les batailles navales de cette époque avec un grand réalisme, grâce à l’aide d’un arbitre qui vérifie les ordres donnés selon les informations connues des joueurs, et qui calcule ensuite les résultats. Tout comme le Maître de Jeu dans un Jeu de Rôle, il donne documents, cartes aux joueurs de la bataille, puis explique les résultats obtenus selon les choix d’action faites.

« Amirauté » est pratiqué, lors des séjours ludiques « Semaines de l’Hexagone » du « Cercle de Stratégie », sous différentes formes : depuis des scénarios de quelques heures jusqu’à des campagnes d’une semaine ou plus. Chaque joueur peut ainsi s’investir un ou plusieurs jour, selon ses possibilités. Un autre joueur prend ensuite la relève, en « fil rouge ».

Les joueurs préparent leurs ordres grâce aux cartes et informations en leur possession.
Les joueurs ont rendus leurs ordres sur les cartes, mouvement des navires, reconnaissances aériennes. C’est au tour de l’arbitre de comparer et de vérifier qui voit qui, et qui tape sur qui !

Les joueurs rendent leurs ordres sur les cartes, les mouvement des navires et reconnaissances aériennes planifiées. C’est ensuite au tour de l’arbitre de comparer et de vérifier « qui voit qui », et « qui tape sur qui » !

Dans son « antre », l’arbitre peint les figurines, prépare les cartes des commandants, documents historiques (journal, bulletin météo) et la flotte de figurines de chaque équipe. Certaines figurines, à l’échelle 1/1800, sont disponibles toutes prêtes. D’autres bâtiments, issues d’impression 3D, nécessitent un travail de peinture.

Parfois, une situation tactique est reportée sur une table avec les figurines. Cela aide les joueurs à visualiser leurs forces et le dispositif (sans tenir compte des distances réelles). Pour jouer une partie tactique, on a aussi la possibilité d’utiliser les figurines en respectant les distances à l’échelle, grâce à un terrain de sport de taille suffisante. Les commandants essayent alors d’identifier les navires adverses, depuis leur base d’observation. S’ils ont essuyé des tirs, ils constatent les dégâts signalés sur leurs navires.

Puis les joueurs sortent leurs mètres à enrouleur et font leurs mouvements de figurines. Attention où l’on met les pieds ! Même un cuirassé est bien petit à l’échelle 1/1800 !

Les reconnaissances aériennes peuvent également être simulées sur un terrain de taille suffisamment grande. Des jumelles sont alors absolument nécessaires, ainsi qu’un chronomètre (pour évaluer combien de temps a le « pilote » en repérage, avant que l’avion ne se fasse détruire par la D.C.A. ou par la chasse adverse).

Ce jeu peut sembler complexe au premier abord, mais il passionne chaque été plusieurs joueurs wargames de toutes générations, autant aguerris que novices: jouer en famille aux batailles navales est donc possible, et c’est agréable de voir des jeunes d’à peine 10 ans se passionner pendant une journée entière, à calculer, choisir des tactiques de tir avec leur équipe, mesurer sur le terrain avec leur équipe …

Amirauté est réellement un jeu intergénérationnel pour l’équipe de joueurs, une fois guidé par un arbitre-vétéran des batailles « Amirauté ». Vous trouverez ci-dessous un lien vers le forum de l’Association « Cercle de Stratégie », pour une partie jouée à distance via mails. Le jeu peut aussi s’effectuer « par correspondance » entre deux séjours ludiques.

http://cercledestrategie.forumgratuit.org/c9-variations-sur-le-jeu-amiraute

Article de Benoît Marconnet

Photos de Stéphanie Prin et Benoît Marconnet

Bataille-Mystère 2017

Texte: Thierry KERDAL

Le jeu de l’énigme historique est une tradition au « Cercle de Stratégie ». Cette année, aux « Semaines de l’Hexagone », la bataille à trouver à l’aide de deux indices était celle de Zorndorf livrée le 25 août 1758 entre l’armée prussienne de Frédéric II et l’armée russe du Général Fermor.

Le premier indice était la statue d’un ours attaqué par un aigle, tous deux tenant sans relâche un saumon; l’allégorie est simple à comprendre, une bataille ou une guerre, au cours de laquelle aucun des deux camps ne voulut rien lâcher. Un petit indice fut ajouté en bas de l’image, sur l’énigme ci-dessus: la lettre Z, camouflée par les reflets au sol.

L’autre indice était l’image du Général Von Seydlitz. Un autre indice fut dissimulé, le chiffre 7, auprès de la tête du cheval. Là, quelques explications sont à fournir concernant ce Général.

Friedrich Wilhelm, Freiherr von Seydlitz, né le 3 Février 1721, est mort le  27 août 1773. C’est un militaire prussien, l’un des plus grands généraux de cavalerie de l’histoire, né dans le Duché de Clèves: son père, major de la cavalerie prussienne, est alors en fonctions là-bas. A 13 ans, il est envoyé comme page à la cour du Comte Von Schwedt, qui a été le colonel de son père. C’est ainsi qu’il acquiert une superbe maîtrise de l’équitation. En 1755, il est fait colonel.

La Guerre de Sept Ans, l’année suivante, immortalise son nom. « Sept Ans », comme l’indice du chiffre 7 caché vers le cheval. En 1757,  à la bataille de Kolin, à la tête d’une brigade de cavalerie, il se distingue en stoppant la poursuite autrichienne par une charge héroïque. Le roi le nomme deux jours plus tard major-général et lui décerne l’ordre du mérite, promotion qu’il reconnait mériter, puisqu’il répond aux félicitations de Zieten: « Il était grand temps, Excellence, s’ils en voulaient plus de moi. J’ai déjà 36 ans. »

Quatre fois pendant les mornes semaines qui suivent le désastre de Kolin, Seydlitz affirme son énergie et sa fougue lors de rencontres de cavalerie et, dans la matinée de la bataille de Rossbach, Frédéric le place à la tête de toute sa cavalerie en remplacement de deux généraux confirmés. Le résultat de la bataille est la complète déroute et désorganisation de l’ennemi, et pour couronner le tout, seuls sept bataillons de l’armée de Frédéric eurent à faire feu, le reste étant le travail de Seydlitz et de ses 38 escadrons. Cette nuit-là, le roi lui décerne l’Ordre de l’Aigle Noir, et le promeut lieutenant-général. Mais il a été blessé et doit rester à l’écart de l’armée pour quelques mois.

Il rejoint le roi en 1758, et sa cavalerie sauve encore une fois la mise à la bataille de Zorndorf et remporte la victoire : l’indice de la lettre Z pouvait aider à trouver de quelle bataille il s’agissait. Peu de temps avant qu’il ne lance la charge qui allait décider du sort de la bataille, il reçoit une dépêche de Frédéric II lui intimant l’ordre de charger immédiatement en l’assurant qu’après la bataille, il répondrait sur sa tête de sa désobéissance.

Seydlitz se contenta de répondre: « Après la bataille, ma tête est à la disposition du roi ».

Il garda sa tête (étonnant, non ?).

Texte: Thierry KERDAL, créateur de l’énigme historique 2017