Bataille-Mystère 2017

Texte: Thierry KERDAL

Le jeu de l’énigme historique est une tradition au « Cercle de Stratégie ». Cette année, aux « Semaines de l’Hexagone », la bataille à trouver à l’aide de deux indices était celle de Zorndorf livrée le 25 août 1758 entre l’armée prussienne de Frédéric II et l’armée russe du Général Fermor.

Le premier indice était la statue d’un ours attaqué par un aigle, tous deux tenant sans relâche un saumon; l’allégorie est simple à comprendre, une bataille ou une guerre, au cours de laquelle aucun des deux camps ne voulut rien lâcher. Un petit indice fut ajouté en bas de l’image, sur l’énigme ci-dessus: la lettre Z, camouflée par les reflets au sol.

L’autre indice était l’image du Général Von Seydlitz. Un autre indice fut dissimulé, le chiffre 7, auprès de la tête du cheval. Là, quelques explications sont à fournir concernant ce Général.

Friedrich Wilhelm, Freiherr von Seydlitz, né le 3 Février 1721, est mort le  27 août 1773. C’est un militaire prussien, l’un des plus grands généraux de cavalerie de l’histoire, né dans le Duché de Clèves: son père, major de la cavalerie prussienne, est alors en fonctions là-bas. A 13 ans, il est envoyé comme page à la cour du Comte Von Schwedt, qui a été le colonel de son père. C’est ainsi qu’il acquiert une superbe maîtrise de l’équitation. En 1755, il est fait colonel.

La Guerre de Sept Ans, l’année suivante, immortalise son nom. « Sept Ans », comme l’indice du chiffre 7 caché vers le cheval. En 1757,  à la bataille de Kolin, à la tête d’une brigade de cavalerie, il se distingue en stoppant la poursuite autrichienne par une charge héroïque. Le roi le nomme deux jours plus tard major-général et lui décerne l’ordre du mérite, promotion qu’il reconnait mériter, puisqu’il répond aux félicitations de Zieten: « Il était grand temps, Excellence, s’ils en voulaient plus de moi. J’ai déjà 36 ans. »

Quatre fois pendant les mornes semaines qui suivent le désastre de Kolin, Seydlitz affirme son énergie et sa fougue lors de rencontres de cavalerie et, dans la matinée de la bataille de Rossbach, Frédéric le place à la tête de toute sa cavalerie en remplacement de deux généraux confirmés. Le résultat de la bataille est la complète déroute et désorganisation de l’ennemi, et pour couronner le tout, seuls sept bataillons de l’armée de Frédéric eurent à faire feu, le reste étant le travail de Seydlitz et de ses 38 escadrons. Cette nuit-là, le roi lui décerne l’Ordre de l’Aigle Noir, et le promeut lieutenant-général. Mais il a été blessé et doit rester à l’écart de l’armée pour quelques mois.

Il rejoint le roi en 1758, et sa cavalerie sauve encore une fois la mise à la bataille de Zorndorf et remporte la victoire : l’indice de la lettre Z pouvait aider à trouver de quelle bataille il s’agissait. Peu de temps avant qu’il ne lance la charge qui allait décider du sort de la bataille, il reçoit une dépêche de Frédéric II lui intimant l’ordre de charger immédiatement en l’assurant qu’après la bataille, il répondrait sur sa tête de sa désobéissance.

Seydlitz se contenta de répondre: « Après la bataille, ma tête est à la disposition du roi ».

Il garda sa tête (étonnant, non ?).

Texte: Thierry KERDAL, créateur de l’énigme historique 2017